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UNE VIE

UNE VIE

Ce matin j’ai vécu une expérience assez terrible. J’étais sortie marcher et près de la plage, une femme m’appelle et me demande de l’aider, désespérée. Son mari, qui conduisait leur voiture souffrait un malaise et ne parlait plus, les yeux dans le vague. Nous avons appelé une ambulance, mais pendant ce temps, l’homme s’est mis à trembler, a perdu connaissance et est tombé sur le côté. Il parait qu’il avait déjà souffert une crise cardiaque quelques années auparavant. La femme, évidemment, était hystérique, criait, appelait son mari, essayait de le faire réagir. Elle était en état de choc. Quand la femme a téléphoné pour demander une ambulance, la personne à l’autre côté du fil lui disait comment agir, mais elle était trop énervée pour réagir, alors j’ai pris l’appareil, suivi les indications et je me suis chargée de mettre le mari sur le côté et d’observer son état pour le communiquer au service médical en attendant que l’ambulance arrive. Cette dernière est vite arrivée et l’homme a été pris en charge et le médecin nous a confirmé qu’il était hors de danger avant de le transporter à l’hôpital.

Bref. Une expérience très dure. Tout d’abord de voir une femme terrifiée, crier le prénom de son mari, convaincue qu’il allait mourir et un homme de plus de 60 ans qui perdait connaissance et ne réagissait pas.

La femme me demandait de rester auprès d’elle. Je l’ai prise par la main, j’ai tenté de la calmer, de la faire respirer calmement, de ne pas s’évanouir elle aussi, parce qu’elle était sur le point de tomber dans les pommes tellement cette situation était affreuse pour elle. En même temps, j’ai dû chuchoter calmement au monsieur que l’ambulance était sur le point d’arriver et de tenir fort.

Une autre chose qui m’a choquée, c’est que je ne savais pas comment agir vis-à-vis du malade. Je n’ai jamais reçu de formation sur les premiers secours et ce matin, je me suis rendue compte que c’est essentiel, prioritaire, obligatoire ! On ne sait jamais ce qui peut arriver aux gens que nous croisons, à quelqu’un de notre famille, amis… Il suffit quelquefois de deux gestes pour sauver une vie ou pour limiter les dégâts, mais ces gestes s’apprennent et je veux les connaître. Je vais chercher une formation pour savoir comment agir et comment ne pas agir. Rien que d’y penser, j’en ai la chair de poule.

Je crois que je n’oublierai jamais le regard de cette femme effrayée qui voyait son mari partir sous ses yeux. Heureusement que tout s’est bien terminé. Je suis restée avec elle, je l’ai prise dans mes bras, elle me demandait de rester, elle n’était pas capable de vivre ça toute seule. Ils n’habitaient pas ici, ils venaient de Xérès, à une cinquantaine de kilomètres et leurs enfants habitaient plus loin encore. J’en suis encore toute chamboulée.

À bientôt,

Barbara Figueroa-Savidan

Written by editor