twitterfacebookgooglexinglinkedin

NE PAS BAISSER LES BRAS

NE PAS BAISSER LES BRAS

Je vais parler de mon cas personnel. J’ai suivi des études BAC+4 de Journalisme en Espagne avec la ferme intention de me consacrer à ma passion. J’ai toujours été très attirée par ce métier, je l’ai sans doute idéalisé, mais je m’imaginais en tant que rédactrice en chef d’un journal national, je me voyais interviewer des personnalités… Évidemment, quand on rêve on rêve toujours de voler haut.

Malheureusement, ce n’est pas facile de trouver un travail de « qualité » en tant que journaliste en Espagne. Les contrats de stage s’accumulaient et à 25 ans, 4 ans après avoir fini mes études, impossible de tenir plus de 3 ou 6 mois dans la même entreprise. Les contrats de stagiaires reviennent moins chers, évidemment, mais je ne pouvais pas vivre avec 350 euros par moi. Oui, c’est ce que je gagnais, à travailler 10h par jour comme une folle et à tout donner pour matérialiser mon rêve, ou du moins, je le croyais. Mais non. La réalité était bien différente.

J’ai alors déménagé à Cadix, en Andalousie, à l’extrême sud de l’Espagne, un véritable paradis. Par amour. Je crois que c’est l’une des meilleures décisions que j’ai prises. Mais, hélas, Cadix est la province espagnole qui enregistre le plus haut pourcentage de chômeurs du pays… J’ai passé des mois à chercher du travail. J’ai renoncé au journalisme, trop mal payé, et j’ai postulé pour des postes de vendeuse (mieux rémunérés que comme journaliste, oui), secrétaire, etc. Rien de rien. Soit j’étais « trop » formée pour occuper le poste et j’allais demander une augmentation de salaire (d’après les responsables RH), soit ce n’était pas mon secteur et j’allais partir dès qu’un poste de journaliste serait libéré quelque part (toujours d’après les responsables RH).

J’ai alors commencé à travailler comme prof de français dans une académie, mais ce n’était pas trop mon truc. Et un jour, ma mère m’a parlé de me lancer dans un tout autre secteur : celui de la traduction/interprétation. Je suis bilingue (papa espagnol, maman française), j’ai toujours vécu avec les deux langues et j’ai étudié dans les deux pays… Ce n’était pas une si mauvaise idée après tout. Et, grâce à mes études de Journalisme, où nous avons appris à bien rédiger (le niveau de ma faculté de Journalisme était très soutenu), à bien nous exprimer, etc., j’étais assez forte en rédaction. Et puis j’ai toujours adoré écrire. Alors, pourquoi pas ?

Grâce à ma mère, je n’ai pas baissé les bras. J’ai foncé. Et ça a fini par marcher. Je continuais à donner des cours de français pour payer mon loyer et mes frais et j’ai commencé à traduire. Petit à petit. J’ai passé des heures et des heures à envoyer des CV à différentes agences de traduction, à remplir des formulaires, à téléphoner… Et doucement j’ai réduit les heures de cours et j’ai augmenté le volume de traductions. Un an plus tard, je ne travaillais que comme traductrice. J’ai alors aménagé un bureau chez moi, je me suis « professionnalisée » et je me suis finalement sentie épanouie.

Aujourd’hui, cela fait environ 15 ans de ma première traduction et je pense que ce n’a pas été le hasard. Mon échec initial à trouver un vrai travail en tant que journaliste m’a permis d’en arriver là et aujourd’hui, j’en suis heureuse.

Il ne faut jamais baisser les bras. Et, comme je dis à ma fille, il y a toujours une solution. Alors si vous vous découragez, si vous ne trouvez pas de travail dans votre domaine, on ne sait jamais… Il y a peut-être un nouveau chemin pour vous.

À bientôt,

Barbara Figueroa-Savidan

Written by editor