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Quelle adrénaline !

Quelle adrénaline !

Je suis traductrice freelance et je travaille chez moi. J’ai un beau bureau, tout en haut de ma maison, avec une vue sur les terrasses blanches de Cadix et le ciel bleu, bleu, bleu. L’entourage est parfait et j’aime travailler seule, ne supporter personne, m’asseoir n’importe comment, mettre ma musique quand j’en ai envie ou faire un petit tour sur ma terrasse pour faire mes étirements et remettre mon dos en place.

Mais il est vrai que quelquefois, j’ai vraiment besoin de changer d’air, professionnellement parlant. C’est alors que je reçois par miracle un appel : Barbara, pourrais-tu venir à Séville jeudi et vendredi pour un travail d’interprétation simultanée, en cabine donc, pour un congrès d’Unicef. Le rêve. Je vais m’habiller comme-il-faut, je vais enlever mon pantalon pyjama (je travaille chez moi, je souligne) et changer d’univers pendant 48 heures.

Il faut ajouter que lorsque j’entends les mots « interprétation simultanée », l’adrénaline commence à monter. J’adore cette modalité, elle me passionne. C’est dur, cela exige une concentration absolue et un débit rapide, ultra rapide la plupart des fois, et une souplesse mentale incroyable. La traduction simultanée est épuisante, mais extrêmement enrichissante.

Je n’ai jamais suivi de technique spécifique. Je mets juste mes écouteurs, j’exerce une pression au niveau des oreilles pour n’entendre que la voix de la personne que je dois interpréter et je monte le son au maximum. Je ne m’entends pas, j’écoute juste l’autre parler. Je me laisse simplement aller. Je ferme parfois les yeux pour plonger dans le discours, pour me fondre avec lui et le reproduire en une autre langue à la même vitesse, au même rythme, à la même cadence. Je me concentre, je ne dois perdre aucun mot important, je ne peux surtout pas prendre de retard… Je dois suivre à tout prix.

Cette technique exige une parfaite maîtrise de la langue, il n’y a pas de temps pour consulter le dictionnaire ni pour demander à quelqu’un de nous aider. Si on perd le fil, c’est fini.

Mais malgré la responsabilité que ce travail implique, malgré la tension, le trac et la difficulté, je crois que c’est la modalité que je préfère. La traduction devient vivante, les mots dansent en une langue et dans l’autre. L’interprète jongle… et rattrape toujours la balle.

À bientôt,

Barbara Figueroa Savidan

 

Written by editor