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Décortiquer notre langue

Décortiquer notre langue

La langue française regorge de petites bizarreries et d’expressions imagées. Certaines semblent plutôt logiques, alors que d’autres sont complètement tirées par les cheveux ! Découvrons l’origine parfois inconnue de quelques expressions courantes de la langue française.

En voici quelques-unes :

Avoir un cœur d’artichaut

Vous a-t-on déjà dit que vous aviez « un cœur d’artichaut » ? Si c’est le cas, c’est que vous êtes sûrement quelqu’un qui tombe facilement amoureux. Mais à la base, l’expression renvoyait à un légume ! Née au XIXe siècle, elle désignait le cœur des artichauts, réputé pour avoir de nombreuses feuilles. Il y a donc une feuille pour chaque personne présente. C’est ainsi qu’une personne ayant « un cœur d’artichaut » aura assez d’amour pour tout le monde !

Poser un lapin

Si vous vous êtes déjà fait « poser un lapin » par quelqu’un, c’est qu’une personne n’est pas venue au rendez-vous que vous aviez fixé. Mais à l’époque l’expression avait un autre sens, elle signifiait « ne pas rétribuer les faveurs d’une jeune femme ». Le « poseur de lapin » était donc celui qui ne payait pas les services dont il avait profité ! Les femmes attendaient leur rétribution de la même façon que la personne qui se fait « poser un lapin » de nos jours attend quelqu’un qui ne viendra pas.

Donner sa langue au chat

« Alors, tu donnes ta langue au chat ? » La véritable expression était « jeter sa langue au chien ».  Cela signifiait qu’on ne voulait plus chercher la réponse. Mais vers le XIXe siècle, l’expression s’est transformée en « donner sa langue au chat » car cet animal était considéré comme le gardien des secrets. En « donnant sa langue au chat » on lui permettait alors de parler pour qu’il nous donne la réponse.

Être un ours mal léché

L’expression désigne une personne désagréable, grincheuse, qui fuit la compagnie. Elle remonte au XVIIe siècle car l’on pensait alors que les oursons naissaient difformes et que leur mère les léchait pour leur donner une forme convenable. L’expression désigne donc une personne qui n’est pas « formée » aux règles de la société.

Les doigts dans le nez

Réussir quelque chose les « doigts dans le nez » signifie réussir haut la main. L’expression voit le jour en 1912 et est utilisée lors des courses hippiques. On disait d’un jockey qu’il gagnait « les doigts dans le nez » lorsqu’il réussissait sans faire d’effort. Il n’avait pas besoin de faire attention ou de se presser, et il pouvait donc prendre le temps de se mettre les doigts dans le nez. Charmant.

Dernier cri

On a tous déjà entendu le terme « Dernier cri » pour parler d’un nouveau téléphone ou de n’importe quel objet récemment sorti. Le terme est né il y a bien longtemps lorsque les radios, les journaux et les télévisions n’existaient pas encore et qu’il fallait tout de même transmettre les informations aux habitants. Ces dernières étaient donc criées sur la place publique et la dernière information en date était le « Dernier cri ».

En catimini

Expression française qui existe depuis le XIIIe siècle qui signifie en cachette ou très discrètement. Les auteurs attribuent à cette expression française plusieurs origines mais aucune d’entre elles n’est certaine et elles se définissent toutes comme des à priori.Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle évoque la démarche silencieuse du chat…Ce sont les picards qui ont repris cette allusion au chat considéré comme animal hypocrite car il marche doucement et en se dissimulant quand il prépare un mauvais coup. De ce fait, “en catimini” viendrait du picard où “cati” signifiait “cacher” et “mini” de minet. Dans ce cas, l’hypocrisie imaginée du chat serait encore mise en avant. Mais quelle réputation ont les pauvres chats…

Tomber dans les pommes

Quel rapport peut-il y avoir entre le fruit du pommier et le fait de s’évanouir ? Aucun.Et c’est normal, puisque l’expression “tomber dans les pommes” est issue d’une déformation linguistique. Il s’agit en effet d’un dérivé d’une expression du Moyen Age : “tomber dans les pâmes”. Le mot “pâme” était alors issu du vieux français “se pâmer”, qui veut dire encore aujourd’hui perdre connaissance.

À bientôt pour la suite,

Barbara Figueroa Savidan

 

Written by editor