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Surdoués, vraiment ?

Surdoués, vraiment ?

Qui n’a pas entendu des parents dire fièrement « mon fils est tellement intelligent », « à 3 ans, il sait déjà lire », « il devrait avancer d’une année à l’école, c’est trop facile pour lui »…

Avant de devenir maman, je n’avais pas remarqué à quel point nous étions entourés de surdoués. Il est évident que pour une mère ou un père, son fils est le plus beau, le plus marrant, le plus craquant, mais gardons les pieds sur terre, pour notre bien et, surtout, pour le leur.

Pourquoi sommes-nous si pressés de les voir apprendre à écrire, à lire, à multiplier, à calculer des racines carrées ? Ils viennent tout juste de démarrer leur apprentissage et on veut voir en eux de véritables petits génies. Non, mesdames et messieurs, sauf de rares exceptions, vos enfants sont comme les autres. Voilà.

Cet acharnement, cette obsession de les croire « plus » que les autres ne peut rien avoir de positif. Nous les soumettons à une pression de plus en plus lourde, de plus en plus jeunes. Si à nos yeux ils sont les meilleurs, ils seront effrayés à l’idée de nous décevoir. Le fait d’écouter tout le temps papa et maman raconter à tout le monde à quel point le petit ou la petite est intelligent, à quel point il se démarque du reste, qu’il est plus fort en lecture que untel… Ça ne doit pas être facile à gérer pour un gamin.

Sans parler des activités extrascolaires… « Oui, mon enfant adore la musique, l’anglais, la natation, la danse… », sauf que l’enfant en question n’a que 4 ans et après son intense journée scolaire, il se fait trimbaler d’un endroit à l’autre. Vous vous imaginez, vous ? Après le bureau, partez jouer le violon, donner des coups de pied au karaté pour après revenir chez vous et faire vos devoirs, pour ensuite dîner, au bain et dodo. Et le temps pour s’ennuyer là-dedans ? Parce que les enfants ont le droit et le besoin de s’ennuyer. D’être chez eux, de jouer à ce dont ils ont envie, sans horaires pour une fois, sans être pressés. Le temps de respirer. Oui, eux aussi ils aiment se reposer.

Les activités en dehors de l’école sont positives, bien sûr, je n’en doute pas, mais il faut savoir les doser et leur demander quand même leur avis. Mais, évidemment, un enfant surdoué doit tout savoir, dans tous les domaines et il doit apprendre, apprendre et apprendre. Être le meilleur à l’école, le meilleur aux cours de claquettes, au foot, aux cours de chinois et au solfège.

Alors, laissons-les souffler et soufflons un peu nous aussi.

Un enfant ne demande pas à être un surdoué. Il demande juste à être normal, comme les autres. Ils sont vraiment plus raisonnables que nous très souvent ces petits…

À la semaine prochaine !

Barbara Figueroa Savidan

Written by editor