twitterfacebookgooglexinglinkedin

La solitude de la ville

La solitude de la ville

Combien de personnes croisons-nous en une seule journée ? Des tas de visages anonymes que l’on oublie tout de suite, des vies étrangères qui nous frôlent, puis disparaissent. C’est la loi de la fugacité. Elles suivent leur chemin, sans se mélanger, mais soudain, sans vraiment savoir pourquoi, deux regards se retrouvent. Un espoir naît alors : envahir une existence inconnue.

Découvrir ce que cachent ces yeux, leur enfance, leur premier amour ou bien leur musique préférée. Dévoilent-ils de la joie, de la tristesse ? Mais ces pupilles n’offrent que mystère et silence. Dans la solitude de mon esprit j’imagine des vies, j’invente un passé, mais ce n’est qu’un simple jeu, parce que la réalité m’échappe. Je ne connaîtrai jamais le prénom de ce monsieur qui parle à son chien pendant qu’il le caresse ou quelles sont les raisons qui font rire cette fille dans le wagon de métro, où pourquoi ce garçon souffle de rage dans un coin de rue.

Il est impossible d’arrêter le temps et de capturer le monde d’un être fuyant. Je marche seule sur le trottoir, je recueille au hasard les mots perdus des conversations qui défilent, je vois des gens, beaucoup de gens, mais chacun ferme sa vie à clé. J’essaie de briser cette froideur, de me rapprocher, mais ils s’éloignent.

Comment rattraper cette personne et la faire entrer dans sa vie ? Seul le hasard met fin à la solitude. Un garçon qui attend dans un arrêt du bus lève le regard et s’accroche pendant un instant à des yeux étrangers dans lesquels il découvre une existence, des émotions. Chaque individu cache un monde, un passé, des amis, des phobies, une somme de détails qui forment sa personnalité, mais nous l’oublions souvent. Trop souvent. Il faut prendre le temps de découvrir ce qui se cache derrière les individus que nous croisons tous les jours dans la rue. Se rappeler qu’il ne s’agit pas de machines vides qui font partie d’un décor.

Une fenêtre éclairée observée depuis la rue produit la même sensation : derrière cette lumière, il y a une vie. Elle cache une routine, une famille, des enfants, une personne seule ou un jeune couple. Ce sont des vies inaccessibles, mais le fait de marcher seule dans la ville et d’imaginer, ça soigne la solitude.

À la semaine prochaine,

Barbara Figueroa Savidan

 

Written by editor