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La traduction des romans français

La traduction des romans français

L’édition française est très certainement celle qui traduit le plus largement l’ensemble des langues écrites et propose la plus grande diversité des littératures du monde. Elle est aussi, derrière l’anglais, la langue la plus traduite. C’est dire la richesse de l’édition française et de ses acteurs.

Selon le rapport de Pierre Assouline, La condition du traducteur, la France est le premier pays traducteur, réalisant 13% des traductions effectuées dans le monde en 2004.

Actuellement, en France, un livre publié sur six est une traduction.

En France, les traductions représentent 33% de la production romanesque. Les romanciers américains sont les auteurs les plus traduits dans notre pays. Aux États-Unis en revanche, seul 1% des romans publiés chaque année est issu d’une traduction. Cependant, les maisons d’édition françaises font bonne figure : aux États-Unis, un livre traduit sur trois est signé d’un auteur francophone, loin devant les traductions allemandes et espagnoles. Les Yeux jaunes des crocodiles, le best-seller de Katherine Pancol paru en 2007, a néanmoins été traduit dans 29 langues avant de trouver enfin un éditeur américain… six ans plus tard. Les places sont donc chères…

Les traductions et les romans français contemporains sont rarement d’énormes best-sellers. Il existe cependant quelques exceptions…

Publié aux États-Unis en version anglaise au début du printemps 2014 sous le titre Capital in the Twenty-First Century, le livre que l’économiste français Thomas Piketty consacre à l’histoire de la répartition des richesses s’est vite imposé comme best-seller.

Certains succès sont également solidement établis : parmi les « grands auteurs » traduits en anglais, Flaubert est depuis plusieurs années installé en deuxième position derrière Tolstoï. Madame Bovary est le roman classique étranger le plus vendu aux États-Unis après Anna Karénine.

D’autres succès surprennent les professionnels : L’Elégance du hérisson de Muriel Barbery (2008) a en effet créé la surprise en dépassant les 900.000 exemplaires alors qu’il avait été dédaigné par tous les éditeurs. L’Impératrice de Shan Sa a également dépassé les 90.000 exemplaires. Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot et Une gourmandise de Muriel Barbery -encore- ont chacun trouvé plus de 50.000 lecteurs anglophones.

La vitalité des traductions anglaises d’auteurs français va-t-elle stimuler les ventes aux États-Unis de leurs éditions originales dans la langue de Molière ? Cinq ans après la fermeture de l’unique librairie française de New York – la Libraire de France, au Rockefeller Center –, le service culturel de l’ambassade de France vient d’ouvrir, dans ses locaux de la Cinquième Avenue, une boutique de 150 m2 consacrée aux livres français en français. En lui donnant, comme s’il s’agissait de rattraper le temps perdu, un nom en forme d’hommage à Proust : L’Albertine !

À la semaine prochaine !

Barbara Figueroa Savidan

 

Written by editor