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À la récré…

À la récré…

Que sont devenus les jeux traditionnels ? Sont-ils encore présents dans les cours de récréation des écoles ? J’espère que la réponse est oui. Ce sont de jeux de toujours, qui nous appartiennent et qui ne devraient jamais disparaître. Enseignons-les à nos enfants pour qu’ils perpétuent l’art de ces jeux d’autrefois. Plongeons dans nos souvenirs en noir et blanc le temps de cette lecture…

La marelle

Quel joli nom, « marelle »… Tout le monde a un jour joué à la marelle. Ce jeu, qui a fait sautiller des générations d’écoliers dans la cour de récréation, a des origines anciennes et mystérieuses. Le nom de la « marelle » vient de l’ancien français « merel » ou « mereau » signifiant « palet, jeton, petit caillou ». Ce mot est attesté dès le XIIe siècle, mais les origines du jeu sont encore plus anciennes. Elles remontent vraisemblablement à l’Antiquité. Ce jeu participe au développement de l’enfant en lui apprenant à garder l’équilibre, à améliorer son adresse et aussi à compter. Pour y jouer, il nous faut seulement une craie pour tracer le dessin et un caillou par joueur.

Son dessin varie selon les pays et les époques. Il est appelé « avión » en Bolivie, « amarelinha » au Brésil, « campana » en Italie, « ishikeri » au Japon ou « rayuela » en Argentine et en Espagne.

La corde à sauter

Les enfants ont toujours beaucoup aimé sauter à la corde pendant les récréations. Ils pouvaient jouer seuls ou à plusieurs, deux enfants faisant alors tourner la corde pendant que d’autres sautaient. Quelquefois, un seul enfant tournait sur lui-même, la corde tendue devant lui, et les autres devaient sauter au passage de la corde. Il existait aussi une variante beaucoup plus difficile pratiquée avec deux cordes.

Souvent, pendant le jeu collectif, les enfants chantaient une comptine en rythme avec les sauts : « A la soupe, soupe, soupe, au bouillon, yon, yon, la soupe à l’oseille, c’est pour les d’moiselles, la soupe à l’oignon, c’est pour les garçons ».

Les billes

L’origine du jeu de billes reste inconnue. La première apparition connue semble remonter à la Grèce antique où l’on pratiquait la « troppa » ; le but du jeu était de lancer un maximum de petits objets ronds dans un trou. Les Romains jouaient quant à eux à « l’orca », jeu où il fallait lancer des noix ou des noisettes dans un vase.

Entre le Moyen Âge et la Renaissance, la bille, qui était jusqu’alors un objet naturel, devient un objet artisanal. Les billes sont faites en bois ou en métal, de forme grossièrement sphérique, elles sont alors appelées « gobilles ». Certains maîtres verriers vénitiens ont même fabriqué des billes de verre au milieu du 14ème siècle. Toutefois, malgré cette évolution progressive de la bille, ce n’est qu’au 15ème siècle que les jeux s’organisent et que les règles se mettent en place, de façon orale.

Le 18ème siècle voit se développer un intérêt croissant pour les jeux et les jouets. Les billes s’arrondissent parfaitement. Les matériaux de fabrication, quant à eux, se multiplient. Au début du 20e siècle, on trouvait des billes le plus souvent en terre peinte, mais parfois, aussi, en verre, en métal, en porcelaine, ou en agate. Les « cales », un peu plus grosses et le plus souvent en verre, valaient plusieurs billes.

Il y avait, au début du siècle, de nombreuses façons de jouer aux billes. Le but était toujours de viser et toucher une cible afin de gagner un objet (soldat en plomb ou en plastique) ou d’autres billes. Les divers jeux portent des noms variés à l’infini : poursuite, tique, cercle, tique et pat, enclos… On jouait au milieu de la cour ou contre un mur suivant les règles choisies par les enfants.

Ce jeu était extrêmement populaire et les poches des écoliers étaient constamment alourdies par des billes de toutes sortes, et, quand l’enfant était habile, par des « calots », billes de verre ou d’agate de très grosse taille.

Les osselets

Le jeu se jouait avec de petits os de forme particulière (carpe du très jeune mouton ou du porc), permettant de les glisser à la racine des doigts. C’était un jeu très populaire en Grèce antique. Au siècle dernier, les garçons ne jouaient plus avec de vrais osselets, mais avec des copies en métal ou en plastique, plus petits, et donc plus faciles à manipuler pour eux mais dont le poids (trop léger pour le plastique) et la surface trop lisse n’aidaient pas à accomplir les figures compliquées.

La règle de base du jeu était simple : lancer un osselet en l’air (en général « le père ») ; ramasser un osselet parmi ceux posés par terre ; attraper « le père » avant qu’il ne touche le sol.

Le jeu devenait ensuite difficile, voire très difficile, quand il fallait ramasser plusieurs osselets en même temps, les tenir sur le dos de la main, rattraper le « père » en un mouvement particulier (patte de chat, balayette…), maintenir les osselets entre les doigts (tête de mort) en faisant les figures… Certains enfants étaient des « as » à ce jeu et gagnaient ainsi une grande popularité auprès de leurs camarades !

À la semaine prochaine !

Barbara Figueroa Savidan

Written by editor