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24 heures d’une traductrice freelance & maman (2e partie)

24 heures d’une traductrice freelance & maman (2e partie)

(suite)

Et la matinée passe teeeeeellement vite. Beaucoup trop vite. Mon planning n’est jamais respecté à cause des multiples interruptions, donc ce décalage sera évidemment rattrapé ce soir, une fois de plus. « Euh, oui chéri, tu sais ta super idée d’un délicieux petit dîner devant un super épisode de notre série préférée, et bien… ce sera pour demain, d’accord mon amour ? Ou après-demain, ou ce week-end, ou alors la semaine prochaine… ». Pas de souci, il est habitué.

Quand il travaille toute la journée non-stop, c’est à moi d’assumer. Ici en Espagne, les enfants n’ont pas cours l’après-midi. Ils sortent à 14h ou bien à 15h s’ils mangent à la cantine, comme ma fille. Et ensuite, surtout avec une petite de presque 4 ans et pleine à ras bord d’énergie, il y a toute une après-midi à remplir : promenade au parc à vélo, peinture à la maison, collage, « maman, tu me laisses te maquiller et te coiffer »… Une activité s’enchaîne après l’autre. Je m’amuse, je l’avoue, mais je finis complètement KO.

Mon moment de répit je le dois aux dessins animés. Je m’effondre dans le canapé pour recharger ma batterie. Sinon je ne résisterai pas cette nuit devant mon ordinateur. « Maman, j’ai faaaaaaaaim !!! ». Et hop, c’est reparti. Je prépare le dîner, on se raconte nos petites histoires, dessert, à l’eau, du shampoing qui ne pique pas les yeux, de la mousse et la puce est toute belle et toute propre pour aller faire dodo. Je réunis tout mon enthousiasme pour lui raconter son histoire du soir et la petite ferme ses petits yeux. Elle dort.

Je mets un peu d’ordre dans le salon, je débarrasse la table et je file vite dans mon bureau pour terminer mon travail. C’est dur. Ce moment est terriblement dur. Ce sont les journées qui ne se terminent jamais. Mais par magie, une force venue de je-ne-sais-pas-où m’aide à vaincre ces moments de grande paresse. Parce que ces jours-là, je paierais une fortune pour pouvoir me jeter dans mon lit, sous la couette, à ronfler comme un tuyau d’orgue.

Mais, ne vous méprenez pas. J’adore mon travail. Certains jours sont spécialement durs, mais il y a beaucoup d’avantages, surtout quand on est maman. Cette flexibilité me permet de profiter de ma fille, de l’emmener et d’aller la chercher à l’école tous les jours… Sans parler des jours où elle tombe malade. Je suis là pour m’occuper d’elle. Je sais que dans ce cas mes nuits de travail seront longues, mais l’angoisse de ne pas être là quand elle a besoin de moi n’existe pas. Mais c’est sûr que notre travail implique aussi beaucoup de sacrifices. « Ne pas avoir d’horaires » veut aussi dire « des journées sans fin »… Mais je peux dire que je suis une traductrice freelance & maman crevée, mais HEUREUSE. C’est une fierté de réussir à remplir les délais, aussi insensés soient-ils.

 

Barbara Figueroa Savidan

 

Written by editor