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24h d’une traductrice freelance & maman

24h d’une traductrice freelance & maman

Pour la plupart des gens, nous sommes des spécimens « bizarres ». Personne ne sait très bien à quoi nous passons nos journées. Traducteur ? À la maison ? Et c’est le petit sourire accompagné ensuite de « ah, bon ! La chance ! ». C’est vrai qu’il y a beaucoup d’avantages, mais le rythme de notre quotidien est sans pitié !

Attachez vos ceintures.

- 7h : je me réveille et la première chose que je fais c’est regarder ma boîte email sur mon téléphone. Mes clients ne partagent pas toujours le même créneau horaire que moi et parfois, c’est la surprise. Il faut savoir que les clients sont toujours très pressés.

- Douche ultra-rapide, maquillage express (il faut rester coquette) et réveil de la puce qui rêve encore dans son petit lit. Mon compagnon file à toute vitesse au travail, lui aussi à la bourre. C’est alors le tour des négociations avec ma fille de 3 ans et demi qui ne veut pas sortir du lit. Habillage express, petit déjeuner accompagné de cinquante « dépêche-toi chérie, on va être en retard…. ». On sillonne les ruelles de notre vieux quartier jusqu’à l’école. « Bisou, bisou mon amour, je t’aime, soit gentille et mange tout ton petit goûter cette fois, d’accord ??? » Voilà. J’y suis arrivée, juste avant la sonnerie. Et je transpire déjà !

Maintenant je cours faire les courses. Le frigo est vide et triste. Il faut faire vite, alors je marche à toute vitesse avec mon chariot en essayant de n’écraser personne dans les rayons. Passage à la caisse et livraison à domicile, s’il vous plaît. Comme ça, c’est plus rapide. Chaque minute compte.

Et hop ! On continue. Direction : maison-bureau. Je me prépare un deuxième thé et je grimpe les marches jusqu’à ma petite tour, dans le ciel de Cadix. Et le travail commence. J’ai toujours un planning, j’organise bien mon objectif quotidien, mais évidemment il y a toujours des imprévus. « Barbara, tu peux me faire une toute petite traduction de tout juste 2000 petits mots ( ??? ) d’ici une petite heure et demie ? » « Euh… oui, bien sûr (rappelez-vous que nous avons TOUJOURS du mal à dire NON) ». Et voilà, en un coup de fil, toute mon organisation tombe à l’eau. Plouf. Il faut à tout prix caser cet imprévu. La journée sera longue, comme toujours. « Barbara, le client vient de rajouter un paragraphe à la traduction que tu as envoyée la semaine dernière, c’est hyper urgent, tu me l’envoie dans 10 minutes maximum ? ». Du coup, il est 11h du matin et je n’ai pas encore commencé le projet que je devais démarrer à 9h30 pour le remettre à 16h. C’est la crise. Et ça se passe quasiment tous les jours.

Une petite pause s’impose pour que le cerveau ne craque pas. C’est un vrai match de ping-pong : français-espagnol, espagnol-français. Il ne faut pas s’étonner si je réponds en anglais au boulanger ou au marchand de fruits. Mais les pauses sont elles aussi un peu spéciales… Je me sépare de mon cher ordinateur pour passer l’aspirateur ou alors pour mettre une machine. Ça défoule, ça c’est sûr. Pas besoin de gymnase. Allez, 10 minutes et on remonte travailler.

(suite…)

Barbara Figueroa Savidan

Written by editor